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Escarres et chutes : les deux risques qui se jouent entre nos passages

Rédigé par Léa Marchand, Infirmière diplômée d'État · · 2 min de lecture

Revu le · Relu par Thomas Berthier

Ces deux complications se préparent en dehors de nos visites, dans les heures où personne n'est là. Ce que les proches peuvent surveiller, et à quel moment nous appeler.

L'essentiel

  • Une rougeur qui ne blanchit pas sous la pression du doigt est le premier stade d'une escarre : à ce moment, tout est encore réversible.
  • Changer de position régulièrement reste la mesure la plus efficace, avant tout dispositif.
  • La plupart des chutes se préviennent en modifiant l'environnement, pas la personne.
  • Toute chute doit nous être signalée, même sans douleur immédiate.

Pourquoi ces deux-là avant les autres

Une escarre et une chute partagent le même point commun : elles transforment une situation stable en hospitalisation, parfois définitive pour le maintien à domicile.

Elles se préviennent presque entièrement par des gestes simples et répétés, ce qui suppose que les proches sachent lesquels. C'est le seul objet de cette page.

Escarre : les signes qui doivent alerter

Une rougeur qui ne blanchit pas à la pression du doigt, au niveau du sacrum, des talons, des hanches ou des coudes, est le premier stade : à ce moment-là, tout est encore réversible.

Le changement de position régulier, une literie sans pli, une peau sèche et propre, une alimentation et une hydratation suffisantes restent les mesures les plus efficaces.

Un talon se protège en le laissant flotter, jamais en le calant sur un coussin qui reprend appui au même endroit.

Chute : agir sur l'environnement avant d'agir sur la personne

Tapis non fixés, fils qui traversent une pièce, éclairage insuffisant la nuit entre le lit et les toilettes, chaussons ouverts à l'arrière : ce sont les causes les plus fréquentes et les plus faciles à corriger.

Un lever brutal après un repas ou un changement de traitement peut provoquer un malaise. Se lever en deux temps — s'asseoir au bord du lit, attendre — évite une partie de ces chutes.

Toute chute, même sans douleur immédiate, doit nous être signalée : chez une personne sous anticoagulant, un choc à la tête impose un avis médical rapide.

Ce que nous mettons en place, semaine après semaine

La première semaine sert à observer : à quelle heure la personne se lève, où elle s'appuie, combien de temps elle reste assise, ce qu'elle mange réellement. Une prévention construite sur des suppositions ne tient pas quinze jours.

Ensuite viennent les mesures concrètes : alternance des points d'appui à intervalle défini, protection des talons et du sacrum, hydratation surveillée, apport protéique discuté avec le médecin, et chaussage fermé plutôt que chaussons.

Chaque passage vérifie deux choses seulement, mais systématiquement : l'état de la peau aux points d'appui, et un obstacle nouveau apparu sur le trajet lit-toilettes. Ce sont les deux endroits où tout se joue.

Quand nous appeler

Rougeur persistante, plaie nouvelle, changement d'odeur ou d'aspect d'une plaie existante, fièvre inexpliquée, chute avec ou sans douleur, refus alimentaire durable.

En dehors de nos horaires, la conduite reste la même que pour toute urgence : 15 ou 112. Nous préférons un appel inutile à un signalement tardif.

Questions fréquentes sur cette page

Un coussin suffit-il à protéger un talon ?
Non : un talon se protège en le laissant flotter, pas en l'appuyant sur un coussin qui comprime la même zone.
Faut-il consulter après une chute sans douleur ?
Oui si la personne prend un anticoagulant ou s'est cogné la tête : un avis médical rapide s'impose.
Quels changements font le plus de différence ?
Retirer les tapis, éclairer le trajet nocturne vers les toilettes, remplacer les chaussons sans arrière.

Mots expliqués

Escarre
Lésion de la peau et des tissus provoquée par une pression prolongée sur une zone d'appui (sacrum, talons, hanches), fréquente en cas d'immobilité.
Anticoagulant
Médicament qui ralentit la coagulation du sang pour prévenir un caillot. Il impose une surveillance des saignements et, pour certains, un contrôle biologique régulier.
Protocole de soin
Description écrite et datée de la manière dont un soin doit être réalisé pour un patient précis : produits, matériel, fréquence, critères d'alerte.

Sources officielles

Ce que nous écrivons s'appuie sur des références publiques que vous pouvez vérifier vous-même.

Cette page est informative et ne remplace ni une consultation médicale ni une prescription.

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Soins concernés

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