Le bilan de soins infirmiers : ce qui se passe vraiment chez vous
Rédigé par Thomas Berthier, Infirmier diplômé d'État · · 2 min de lecture
Revu le · Relu par Léa Marchand
Pour une personne dépendante de 90 ans ou plus, la prise en charge ne se compte plus en actes mais en besoins. Voici comment ce bilan est fait, ce qu'il change pour vous, et ce qu'il ne change pas.
L'essentiel
- Le bilan de soins infirmiers concerne les personnes de 90 ans et plus dépendantes et remplace l'ancienne démarche de soins.
- Il décrit l'autonomie réelle, pas la pathologie : mobilité, hygiène, alimentation, cognition, environnement.
- Il détermine un forfait journalier de prise en charge, réévalué à chaque changement d'état.
- Il est transmis au médecin traitant, qui le valide.
À qui il s'adresse
Le bilan de soins infirmiers concerne les personnes dépendantes qui reçoivent des soins d'hygiène et de surveillance à domicile. Il remplace, pour elles, la facturation acte par acte : l'Assurance Maladie raisonne en besoins couverts et non en gestes comptés.
Il fait suite à une prescription médicale. Sans prescription, il n'y a ni bilan, ni prise en charge : c'est le médecin qui ouvre la porte, l'infirmier ou l'infirmière qui l'organise.
Ce que nous observons pendant la visite d'évaluation
L'autonomie réelle, pas déclarée : se lever, se laver, s'habiller, se déplacer dans le logement, préparer et prendre ses traitements.
L'environnement : accessibilité de la salle de bain, présence d'un lit adapté, éclairage, marches, présence ou absence d'un proche aidant et sa charge réelle.
Les risques prioritaires : chute, dénutrition, escarre, confusion, isolement. Ce sont eux qui déterminent la fréquence des passages.
Ce que cela change pour la personne et sa famille
La fréquence des passages découle des besoins évalués, pas d'une négociation. Une aggravation justifie une réévaluation : le bilan n'est pas gravé pour l'année.
Le médecin traitant reçoit le bilan. Il devient une base de discussion commune : la famille n'a plus à raconter deux fois la même chose à deux professionnels différents.
Le reste à charge suit les règles habituelles de l'Assurance Maladie et de la complémentaire ; nous vous disons franchement, avant de commencer, ce qui sera facturé.
Comment il est réévalué dans le temps
Un bilan n'est pas un document figé : il est réévalué quand l'état de la personne change — après une hospitalisation, une chute, une perte d'autonomie ou, à l'inverse, une récupération.
Entre deux réévaluations, chaque passage alimente les observations : c'est cette continuité qui permet de démontrer une évolution plutôt que de la supposer.
La demande de réévaluation peut venir de nous, du médecin, de la personne elle-même ou de sa famille. Aucune de ces demandes n'est traitée comme une remise en cause : elles sont le fonctionnement normal du dispositif.
Ce que le bilan ne fait pas
Il n'ouvre pas de droits sociaux : l'APA, l'aide-ménagère ou le portage de repas relèvent du conseil départemental et des services d'aide à domicile, que nous pouvons vous indiquer.
Il ne remplace pas un avis médical. Si l'état de santé se dégrade, la conduite reste la même : nous appelons le médecin traitant, et le 15 en cas d'urgence vitale.
Questions fréquentes sur cette page
- Qui réalise le bilan ?
- L'infirmier ou l'infirmière qui suit la personne, au domicile, en présence d'un proche lorsque c'est possible.
- À quelle fréquence est-il refait ?
- À chaque changement significatif de l'état de santé ou de l'autonomie, et selon la périodicité prévue par la réglementation.
- Le bilan coûte-t-il quelque chose au patient ?
- Il s'inscrit dans la prise en charge par l'Assurance Maladie, dans les mêmes conditions que les autres actes prescrits.
Mots expliqués
- BSI
- Bilan de soins infirmiers : évaluation structurée de l'autonomie et des besoins d'une personne de 90 ans ou plus dépendante, qui remplace la démarche de soins infirmiers et fixe le forfait journalier de prise en charge.
- NGAP
- Nomenclature générale des actes professionnels : la liste officielle des actes infirmiers et de leur cotation, qui détermine ce qui peut être facturé à l'Assurance Maladie.
- ALD
- Affection de longue durée : maladie chronique reconnue par l'Assurance Maladie qui ouvre droit à une prise en charge à 100 % des soins liés à cette maladie.
- Ordonnance
- Prescription écrite d'un médecin : elle indique l'acte, la fréquence et la durée. Sans elle, un soin infirmier ne peut être ni réalisé ni remboursé, sauf actes en accès direct prévus par la réglementation.
Sources officielles
Ce que nous écrivons s'appuie sur des références publiques que vous pouvez vérifier vous-même.
- Bilan de soins infirmiers (BSI) : le téléservice dédiéAssurance Maladie (ameli.fr)
- Remboursements : ce qui est pris en charge, ce qui reste à chargeAssurance Maladie (ameli.fr)
Cette page est informative et ne remplace ni une consultation médicale ni une prescription.